En ce début d’année 2026, alors que la santé mentale est au cœur de nos échanges citoyens, un terme revient avec une insistance particulière : l’éco-anxiété. Mais derrière ce mot valise, que se cache-t-il vraiment sur le plan de notre équilibre intérieur ?
Bien plus qu’une simple peur des statistiques climatiques, l’éco-anxiété est souvent le reflet d’une profonde quête de sécurité.
Un miroir de nos fragilités
Pour se construire et s’apaiser, l’être humain a besoin de s’appuyer sur des bases solides. Inconsciemment, nous percevons la nature et notre environnement comme un « contenant », une sorte de maison commune qui doit être permanente pour nous garantir une stabilité interne.
Lorsque ce contenant semble se fragiliser, c’est notre propre sentiment de sécurité qui vacille. Les tempêtes extérieures viennent alors réveiller nos tempêtes intérieures : nos peurs anciennes de l’imprévisible, du manque ou de la perte de contrôle. L’éco-anxiété n’est donc pas une « erreur » du psychisme, mais le signe d’une sensibilité vive au monde qui nous entoure.
De l’impuissance à la parole
Le sentiment le plus douloureux lié à ce malaise est sans doute l’impuissance. Face à l’immensité des enjeux, nous pouvons nous sentir minuscules, comme un enfant face à un événement qu’il ne comprend pas. Ce sentiment peut mener au repli sur soi ou, à l’inverse, à une agitation épuisante.
Mettre des mots sur ce ressenti est une première étape essentielle. Transformer cette angoisse diffuse en une parole claire permet de :
- Sortir de l’isolement : Réaliser que cette inquiétude est partagée par beaucoup.
- Redonner du sens : Comprendre que notre tristesse ou notre peur pour la planète est aussi une preuve de notre attachement à la vie et à la beauté.
- S’ancrer dans le présent : Apprendre à vivre avec l’incertitude sans se laisser envahir par elle.
Créer un espace de calme
S’informer est nécessaire, mais préserver son espace psychique l’est tout autant. Reconnaître ses limites, s’autoriser des moments de silence et accepter de ne pas pouvoir tout porter seul sont des actes de soin indispensables.
La psychothérapie, dans ce contexte, ne cherche pas à supprimer cette inquiétude — car elle est une réaction saine à une réalité complexe — mais à aider à la porter sans qu’elle n’étouffe votre joie de vivre. C’est en prenant soin de notre « écologie intérieure » que nous devenons plus aptes à habiter le monde avec sérénité.
Transformer l’angoisse en mouvement : la force de l’agir
Si la parole apaise, le passage à l’action, même modeste, agit comme un véritable rempart contre l’effondrement intérieur. En psychologie, l’action permet de restaurer ce que l’on appelle le sentiment d’auto-efficacité. Face à l’éco-anxiété, l’inertie est souvent ce qui alimente le plus l’angoisse : elle nous fige dans un rôle de victime impuissante.
À l’inverse, choisir d’agir — que ce soit par un engagement associatif, un changement d’habitude ou un projet collectif — permet de reprendre le pouvoir sur son quotidien. L’action ne fait pas disparaître l’incertitude du monde, mais elle modifie notre posture : nous ne sommes plus seulement celui qui observe la tempête, mais celui qui apprend à naviguer. Ce mouvement crée une dynamique vertueuse où la pulsion de vie reprend le dessus sur le sentiment de fatalité, offrant ainsi un ancrage concret et apaisant à notre psychisme.
Dernière modification réalisée le 23 janvier 2026 par Sophie Echeverria

